Claude Barthélémy

A l'occasion de la venue de l'Orchestre National de Jazz au Reims Jazz Festival 2004, Claude Barthélémy a accepté de répondre aux questions de Macao.

Vous dirigez l'ONJ pour la deuxième fois. Qu'est ce que cela vous apporte ?

Le poste est beau beau beau, idéal : je suis salarié pour faire la musique qui me semble la plus pertinente avec des gens que j'ai tous choisi. Ca m'apporte ce que j'y mets multiplié par le talent des musiciens. Et ça fait beaucoup plus que rien !

Votre écriture a-t'elle changée ?

Composer s'apprend, mais ne s'enseigne pas. C'est une joie pour toute la vie. Je détesterais savoir faire « du Barthélemy ».

Considérez-vous l'ONJ comme un projet à part ?

Si j'ai été réélu, c'est en particulier parce que j'ai été très actif après mon premier mandat. Ma vie rencontre heureusement une fois encore l'ONJ et je me place dans les conditions de « skipper » de ce navire au mieux de ce que j'entends de la définition de mon poste. Maintenant il est sûr que, le format orchestral ne pouvant dépasser la quinzaine de musiciens et l'ensemble devant un tant soit peu ressembler à l'idée la plus commune que l'on peut se faire d'un orchestre comprenant le mot « JAZZ » dans son intitulé, il est sûr donc qu'on ne peut trouver de place pour tout un tas d'instruments, (ne serait-ce que pour la lutherie occidentale, le basson, les cordes frottées, les cors...) qui peuvent déjà, grâce aux techniques de diffusion actuelles, à l'éducation des jazzmen ET des « classiques », s'intégrer dans un orchestre de jazz et contribuer fortement à l'affinage du travail d'orchestration, et par la à une bien plus grande légitimation de la musique qui nous occupe.

L'ONJ occupe une place centrale dans le paysage des grandes formations de jazz en France. Comment voyez-vous l'avenir du genre ?

A la fin de ce mandat, en septembre 2005, l'ONJ aura 19 ans. J'en aurai dirigé deux éditions à 13 années de distance pour un total de 5. En tant que dinosaure de l'ONJ, je m'abstiens de m'immiscer dans les débats en cours, à moins que l'on ne me sollicite expressément. Je suis prêt à en débattre de vive voix, mais en aucune façon je ne considère que mes idées, car j'en ai beaucoup, soient plus recevables que celles de personnalités extérieures. Je connais les traquenards, c'est sûr, le poste est très jouissif, mais très très délicat. Encore une fois, j'apprends tous les jours à composer !

Arrivez-vous à mener des projets personnels en dehors de l'ONJ ?

Exactement de la même manière que lors de mon premier mandat, je considère qu'étant le principal bénéficiaire de la plus grosse aide de l'Etat pour le jazz, je me dois de m'atteler à ma tâche et à elle seule. Considérez aussi qu'il existe un après-ONJ pour moi, et qu'il est plus adroit de ne point brûler toutes mes cartouches en ces trois années. Qui veut voyager loin...

Comment êtes vous venu au oud ?

Un disque de Munir Bachir acheté vers mes 20 ans qui m'a frappé au-delà de tout, un premier et très piètre oud pour me mettre le pied à l'étrier puis un arrêt d'au moins 12 ans. Un jour Fawzi-al-Aiedi m'en a vendu un autre vraiment bien, et pour éviter tout amateurisme j'ai décidé de l'utiliser dès ma création suivante. C'est ainsi que mes premières prestations scéniques avec ce merveilleux instrument furent accompagnées par l'Orchestre Philharmonique des Pays de la Loire, lors de la tournée "ONPL - Mr Claude" en 99, « Le Visage Intérieur ». Ce furent également mes vrais débuts de compositeur symphonique... Scuses le trac maaaaaan !!

Pouvez-vous nous parler de votre actualité ?

Mon actualité recoupe pour cette année celle de l'ONJ. Pour après, demandez à CC-productions !!

Propos recueillis par Pierre Villeret