Guillaume Dommartin

travaille au Black !

Tu as participé à la création "Petites Histoires Translucides" avec Vincent Courtois et le Collectif Vents d'Est, qui a débouché sur l'enregistrement d'un disque à la Buissonne "Rose Manivelle" pendant lequel tu as croisé Louis Sclavis et Olivier Sens. Quels enseignements as tu tiré de ces rencontres ?

L’enseignement que j’ai pu tirer, de cet enregistrement et de la résidence de Vincent Courtois plus généralement [en plus du plaisir] : c’est que, quoi que tu tentes, la chose essentielle est de toujours savoir dans quelle direction tu avances et ce vers quoi tu dois orienter tes choix musicaux pour toujours plus affirmer un style de jeu, un son, une façon plus globale d’appréhender la musique afin de coller le plus possible au propos... je considère cet élément comme très important, car, à partir de ce moment il est plus facile de se laisser aller à jouer ce que tu ressens, de foncer en assumant à cent pour cent ! et c’est mon cas, je pense que ça m’a réellement fait avancer.

La chose la plus frappante chez Sclavis : sa concentration avant les prises (à la limite du recueillement), on le sent vraiment immergé et prêt à vous donner le meilleur de lui-même tout de suite... et il vous le communique tout naturellement, comme me disait Vincent : « c’est quelqu'un qui sait faire jouer les autres en les mettant à l’aise » .

Un grand moment pour moi en tous les cas, et je souhaite à beaucoup de jeunes musiciens de pouvoir avoir la possibilité de « croiser le fer » avec des artistes comme lui, Vincent ou Olivier car ils ont énormément de choses à nous apporter (ah, l’expérience...) et on se sent, à l’issue d’une aventure comme celle-là, mûri (un peu) et plein d’énergie pour la suite... Un vrai bonheur.

Je suis toujours surpris en écoutant l'enregistrement du trio avec Fabien Packo et Damien Hennicker, de la rapidité et la justesse avec laquelle vous vous êtes trouvés. Comment s'est déroulé ce concert pour toi ? Est ce qu’il est amené à durer ?

Je pense effectivement que ce trio (qui n’a pas de nom) fait partie de ces heureuses rencontres qui vous donnent envie de pousser l’expérience un peu plus loin. Comme d’habitude, il faut du travail de répétition pour trouver des pistes intéressantes et pour apprendre à se connaître plus encore, mais les bases posées lors de ce premier concert sont encourageantes.

En tout état de cause, ce trio qui s’inspire (faut-il vraiment le préciser ?) du travail d’Eskelin, Parkins, Black est une de mes envies du moment c’est sûr, c’est le style de musique qui, aujourd’hui me fait vraiment « tripper », entre liberté, folie, expérimentations instrumentales, sonores et thèmes très écrits...à suivre !(le seul concert à venir étant le 7 octobre 2004 à Troyes)

Tu as quitté notre belle région, pour habiter en région parisienne. Paris est un passage obligé pour les musiciens ?

Je ne sais pas si habiter Paris est un « passage obligé » dans la carrière d’un musicien quel qu’il soit, mais il est clair que l’émulation, les opportunités de rencontres et la multitude des styles pratiqués ici (sans parler des concerts à voir) te stimulent à aller vers des gens qui ont des choses à t’apporter. J’ai soif de cette multiplicité d’aventures voilà tout, c’est mon idée de la chose et je suis, dors et déjà, très content de ce choix, qu’on se le dise !

Tu ne pourras pas nous le cacher, tu es fan de Jim Black ! Qu'est ce que Jim Black apporte à l'instrument ?

Jim est pour moi un voltigeur de la percussion et non un batteur au sens ou on l’entend habituellement.

Il tisse une sorte de toile sonore qui enveloppe avec bonheur la musique. Ce qui me fascine chez ce musicien, c’est qu’il ai réussi à imposer un style (défriché par d’autres comme Tom Rainey ou Joey Baron) free et déglinguée avec une notion de tempo impitoyable, mais surtout et avant tout une identité sonore très forte. Il est un véritable improvisateur au sein d’un groupe et pas seulement le batteur rythmicien.

De plus c’est un vrai plaisir de le voir évoluer, il envoûte littéralement le public, un vrai magicien . . . le tout en musique ! (à mettre entre toutes les oreilles).

Tes coup de coeur du moment ? Des musiciens, un lieu...

Mon coup de cœur du moment en fait, sera pour un lieu d’une part ! eh oui !

C’est une vieille usine désaffectée à Vitry/Seine « En voiture : Périph, sortie Ivry, suivre Fort d’Ivry puis Vitry. Tout droit sur 2 km jusqu’à une grande descente avec ralentisseurs. Au feu à gauche puis tout de suite à droite. Derrière le garage Renault, la rue Félix Faure . » dixit le plan d’accès.
C’est un lieu étonnant où règne une ambiance de fête de quartier avec sangria quiches salade et gâteaux maisons où j’ai pu assister à 2 performances incroyables :
Un duo improvisé jonglerie et percussions (avec un certain François Merville aux percus).
Un duo danse aérienne et saxophone (une chorégraphie « suspendue à un drap » et un certain Thomas de Pourquery au sax).

Ambiance feutrée, allongés sur des coussins ou vautrés dans de vieux fauteuils au passé plus ou moins obscur, ce fut une superbe soirée, avec une programmation alternative et de grande qualité .

Et pour un trio d’autre part :

Il s’agit du trio regroupant Maxime Delpierre (guitare), Matthieu Jerôme (fender rhodes) et Philippe Gleizes (batterie), il y à la dedans une force incroyable !

Les projets de Guillaume Dommartin ?

Les projets sont multiples, voici les plus imminents : Je reprends les études ! (harmonie et écriture), un nouveau trio avec le bassiste Emmanuel Brunet et Olivier Py au saxophone [trio Tik], des Sessions de travail avec Vincent Courtois et Olivier Sens pour préparer des concerts à géométrie variable (invités), et bien sûr toujours le sextet Paradigm . . . sans oublier une sortie que l’on espère proche du disque de Vincent (Courtois).Affaire à suivre.

Propos recueillis par Jean Delestrade

www.myspace.com/guillaumedommartin