Franck Tortiller

Pour le Reims Jazz Festival, le vibraphoniste présentera le vendredi 26 novembre, au Domaine Pommery, un hommage au mythique groupe Led Zeppelin.

Comment est né ce projet autour de Led Zeppelin ?

Led Zeppelin, pour les musiciens de ma génération, fait partie de notre patrimoine musical. Nous avons fait nos premières armes en jouant cette musique. Le jazz, pour moi, est venu après, même si dans ma famille, il était très présent. Cette idée me trotte depuis longtemps dans la tête. Donc plus qu'un hommage, c'est un peu un retour aux sources !

Est-ce que l'improvisation collective et la démarche de composition très poussée de Led Zep, assez rare pour le rock, n'a pas encouragé le jazzman que vous êtes à vous lancer dans cette expérience ?

Bien sûr ! D'ailleurs, lors du travail d'écriture, j'ai beaucoup réécouté les disques, extraits de concerts, et après toutes ces années j'ai été encore époustouflé par les qualités musicales du groupe. Les compositions étaient aussi en constante évolution. Certains de leurs hits comme Dazed and confused pouvais durer plus de 45 minutes en concert donc bien sûr tout cela m'a beaucoup influencé. Mais ce qui reste déterminant à mes yeux est cette liberté, cette constante créativité qui faisait de Led Zep un groupe d'éxeption.

Les membres du projet partagent-ils le même intérêt que vous envers cette musique ?

Oui. Nous sommes tous de la même génération, nous avons été bercés par la musique pop des années 70. Vincent Limouzin, « l'autre vibraphoniste » de l'orchestre est un passionné de ce groupe et il connaît toutes les chansons par coeur! David Pouradier Duteil, le batteur, est un grand fan de John Bonham. Mais ils était tous très curieux de jouer ce programme avec cet orchestre, sans guitare, sans chanteur, mais avec 4 cuivres, percussions, samples, etc... les répétitions me laissent penser qu'ils ne sont pas déçus !!!

Avez-vous eu des axes de travail précis, notamment sur les compositions existantes ?

Certaine compositions sont très complexes comme Kashmir par exemple, ou Four Sticks. Elles nécessitent un gros travail d'écriture et de réharmonisation. L'emploi des cuivres reste un pari , mais ,ils donnent une couleur très originale à cette musique. Xavier Garcia, notre soliste invité, sera aussi un élément très important. Il travaillera sur le matériel sonore de Led Zep, et en particulier de Jimmy Page, afin de nous donner sa lecture de ce que doit être un soliste dans un groupe de rock !

Avec et en dehors de ce projet, de quoi est constituée votre actualité musicale ?

Le programme Led Zep est coproduit par quelques festivals dont bien sur le Reims Jazz Festival,N evers, Le Mans, Jazz à Couches, il est accueilli au Prisme à Elancourt, et doit jouer en Autriche en octobre prochain. Nous venons de sortir un disque en trio avec Yves Torchinsky et David Pouradier Duteil, et nous jouerons une version de la Rhapsodie in Blue  de Gershwin en janvier au Théatre Mogador avec l'orchestre Pasdeloup. Avec Patrice Héral, percussionniste, nous avons un duo avec lequel nous jouons régulièrement. Et nous ferons une tournée en mars prochain avec Eric Séva et deux comédiens, en Auvergne, sur des textes de Jaques Réda.

Propos recueillis par Pierre Villeret

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