Collectif imuZZic IV :

Alain Blessing

Pour ce troisième volet concernant le collectif immuZZik, le guitariste Alain Blessing nous parle de son quartet Mad Kluster.

Comment s’est déroulée la rencontre avec Bruno Tocanne ?

Une invitation m’avait été faite par Catherine Delaunay en 1998 pour venir jouer à Lyon dans le cadre de sa résidence avec Bruno chez Agapes. Donc deux concerts puis l’idée de bosser sur des projets communs au sein de imuZZic quand je suis venu m’installer en Bourgogne en 2001. Après nous nous sommes perdus de vue avec Bruno entre 2003 et 2008. Puis à l’occasion des concerts de soutien au Jazz club de Châlons-sur-Saône en mars 2008 l’idée de remonter un projet ensemble est devenue une évidence. Benoît Keller était bien sûr convié à cette aventure... Quant à Fred Roudet, j’avais travaillé avec lui au sein de la fanfare de Senem Diyici en 2002/2003 et j’avais envie de faire des choses avec lui dans d’autres contextes.

Ta musique est riche de divers univers : musiques traditionnelles, rock progressif, John McLaughlin. Quelles inspirations et références ont servies ce projet ?

Bien sûr un peu tous ces univers, quoique concernant McLaughlin ça concerne sa période entre 68 et 76. Mais l’idée la plus importante est que tous ces univers intègrent l’improvisation dans ses différents registres.

Quelle est la frontière entre le rock et jazz dans le répertoire de Mad Kluster ? Doit on forcément en fixer une ?

Justement pas de frontières ou alors extrêmement mouvante ! Et en fixer une ne pourrait que réduire le propos. Je préfère penser ça en terme d’attracteurs qui polarisent différemment la musique à chaque instant. Au gré des développement on est du côté du rock (souvent par le travail du son) ou du côté du jazz (forme) ou alors complètement ailleurs...

Le réseau imuZZic intègre dans sa démarche un engagement politique : cela correspond à ta démarche ?

Comment ne pas suivre cette démarche par les temps que nous vivons. Impression que les musiques improvisées sont un peu l’un des dernier bastions ou s’organise une forme de résistance au nivellement que nous vivons... Et puis pour revenir à l’improvisation, l’idée en est elle même éminemment politique : refus de la certitude, prise de risque, refus du formatage, etc. Et puis n’oublions pas que Bruno et moi sommes de la génération des 70’s, années ou les musiques qui ont été part de notre apprentissage avaient de toute façon sinon une signification politique du moins donnaient lieu à ce type de lecture.

Propos recueillis par Jean Delestrade

MAD KLUSTER

Alain Blessing guitare
Fred Roudet trompette
Benoît Keller contrebasse
Bruno Tocanne batterie

www.imuzzic.net