L’influence du jazz est indéniable. Que cherches tu dans la confrontation de l’ordinateur (et une organisation de samples qui sont programmés de manière mathématique) avec le système d’improvisation de jazzmen comme les Belmondo ?
Chercher à “tordre” le jazz et à mettre l’electronique dans un rapport organique. À écouter l’album “Live infinis” pour voir si c’est réussi. Mais c’est une vieille histoire maintenant que je laisse aux autres... Le jazz reste maintenant dans mon travail plus dans une posture ou une couleur que dans une reference évidente.
La mise en abîme est une notion importante de ta musique...
C’est ce qui me permet de developper l’idée de musique sans début ni fin.
Comme le Groove Gang en son temps, ta musique permet à un certain public (plus jeune) d’être initié au jazz. Tu ne sembles pourtant pas t’inscrire dans le discours d’un “nouveau jazz” que certains cherchent à faire porter à l’électro-jazz ?
J’ai travaillé sur cette question de 96 à 99, à un moment où ce n’était pas trop d’actualité ni dans les disques ni dans les festivals. J’ai fini depuis sur ce que je cherchais sur cette question. Je laisse le soin aux autres de réchauffer la question, je suis déjà ailleurs.
Comment envisages tu le travail de DJ Spooky ou Matthew Shipp qui intègrent la programmation électronique comme “instrument” à part entière dans des quintet classiques ?
Je n’ai pas écouté leur production mais il est évident que l’éléctronique est une matiere musicale comme les autres.
Toute une génération de jeunes musiciens norvégiens et scandinaves ont joué comme sidemen aux côtés de Bugge Wesseltoft ou Nils Petter Molvaer. Ces musiciens lancent aujourd’hui des formations acoustiques dans lesquelles la section rythmique est très influencée par les boucles et samples. Crois tu qu’une des évolutions du jazz peut venir de là, que l’électro soit “digéré” par le jazz pour le retraiter acoustiquement ?
Tous les chemins sont possibles tant pour le jazz que pour l’electronique, et il en existent encore d’autres. Mais il est tellement dur de faire sortir les jazzmans de leur poussieres musicales... Ne s’appellent pas Miles Davis ou Steve Coleman qui veut...
Propos recueillis par Jean Delestrade
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