David Binney,

mon héros...

Lost Tribe et Lan Xang sont deux groupes déterminants dans ton parcours de musicien : de quelle manière ces formations ont influencé, fait progresser ta manière de composer et d’improviser ?

Lost Tribe n’a plus joué ensemble depuis plus de cinq ans, donc ça ne m’a pas influencé ces dernières années, mais beaucoup auparavant. Jouer avec Lost Tribe m’a permis de grandir en m’a permis de travailler sur la composition… Il fallait que je compose pour ce groupe, et il est toujours bien de se fixer un objectif.

Lan Xang, qui n’existe plus vraiment parce que tout le monde est vraiment trop occupé, était une expérience plus enrichissante. Mon groupe favori je pense. Mon jeu a vraiment avancé avec ce groupe. Tout y était très ouvert et nous pouvions aller dans toutes les directions à tout moment. J’appréciais également beaucoup l’esprit qui régnait dans le groupe.

C’était un plaisir pour la composition parce qu’il n’avait pas d’instruments à cordes. Je créais l’illusion d’un instrument à cordes en composant pour deux saxophones et une contrebasse, de manière à ce qu’en maximalisant l’harmonie, ce qui permettait de faire disparaître ces instruments.

Que penses-tu de la scène new-yorkaise ? Tzadik travaille sur la culture juive, Speed/Black/Shepik (et d’autres) autour de la culture des pays de l’Est… Pourquoi ces musiciens ressentent-ils le besoin de s’intéresser à ces cultures ? Ont-ils épuisé la culture américaine ?

Je ne porte pas beaucoup d’attention à Tzadik et à culture juive et la scène dont tu parles. Tout ça ne m’intéresse pas. Chris Speed et Jim Black sont deux de mes musiciens préférés sur cette planète et ils ont tous les deux joué dans un de mes groupes. Jim a enregistré deux albums avec moi : Balance et South. Mais je ne suis pas sûr qu’il faille les classer dans cette catégorie de style. Ils font plein d’autres choses.

Mais quelle est la culture américaine ? Notre culture est tout ! Des musiques des 4 coins de la planète, c’est un mix de tout. Mais c’est NOTRE culture. Donc pour quelqu’un comme moi qui est musicien, il est naturel d’être ouvert à toutes ces influences. Mes grands-parents sont originaires  d’Italie et d’Angleterre, je suis né à Miami (une ville sous influence latine) et j’ai grandi pas loin de Mexico. J’ai vécu plus d’une moitié de ma vie à NY et les 18 dernières années dans un quartier juif. J’ai écouté du rock, la Motown, le jazz comme la country, le classique. Donc, tout cela a forgé ma culture, c’est la culture américaine. Alors, on pourra tout faire mais certainement pas épuiser le patrimoine culturel américain. Tous les musiciens que je connais ici font de la musique « américaine ».

C’est cet aspect là que j’aime de l’Amérique. Et c’est pourquoi je ne verse pas dans le patriotisme comme beaucoup en ce moment… enfoiré de Bush (sic).

Tu as participé au projet d’Uri Caine autour de la musique de Mahler. Quel intérêt portes-tu à la musique classique ? Le jazz peut il y trouver des inspirations ?

J’ai été nourri par la musique classique…et toutes les autres musiques d’ailleurs. Et je pense que le classique peut influencer le jazz : ça m’ouvre à la composition, me fait imaginer d’autres possibilités harmoniques.

Mythology records ?

Mythology est mon  propre label et il est né de mon envie de sortir mes projets quand bon me semble, et sans influences extérieures. Non que j’ai été influencé négativement sur certains de mes disques, mais au cas où… J’aime bien être en charge de tous les aspects de construction de mes enregistrements. Mais je continue à enregistrer pour d’autres labels. Le dernier disques sorti pour Mythology est Welcome Life : Chris Potter, Brian Blade, Craig Taborn, Adam Rogers et Scott Colley (toutes les infos sur le site du label).

Le projet à venir sera sûrement une sorte d’improvisation free et electro enregistré avec Wayne Krantz, Jim Black, Uri Caine, Adam Rogers, Tim Lefebvre, Fima Ephron et Donny McCaslin. C’est déjà dans la boîte, mais il faut juste que je trouve le temps de m’en occuper.

Et peut-être quelque chose de totalement électro, fait à ma maison avec mon ordinateur. J’ai plein d’idées…

Si tu avais le temps et les moyens, quels seraient les projets que tu souhaiterais enregistrer ?

Je me concentre sur mon groupe du moment (Dan Weiss, Jacob Sacks et Thomas Morgan). On vient tout juste d’enregistrer pour Criss Cross la semaine dernière avec Chris Potter en guest, mais je pense enregistrer ce groupe très rapidement parce qu’il évolue à une vitesse incroyable et qu’il n’existe aucun autre groupe qui fait quelque chose de semblable à l’heure actuelle.

D’autres projets ?

Il y a duo enregistré chez RED records qui sortira en septembre, avec Edward Simon il y a de ça un an. L’enregistrement pour CrissCross sortira lui en janvier, et je suis sur quelques pistes : on parle d’un nouveau disque avec Edward Simon, Scott Colley et Brian Blade (le premier « Afinidad » sur RED Records, il y a de ça quelques années).

www.davidbinney.com

Les disques de Dave Binney :

www.mythologyrecords.com