Ben Perowsky

Certains d'entre vous vont commencer à croire que MACAO est l'organe officiel de la scène downtown new yorkaise : Après Chris Speed, Dave Binney, Ellery Eskelin, Drew Gress, Tony Malaby, Cuong Vu et Andy Laster voici Ben Perowsky ! Mais que voulez-vous, ce sont des musiciens que l'on aime, c'est aussi simple que cela...

Ton père est un saxophoniste, tu baignes donc dans un univers musical depuis ta petite enfance...

Oui, c'est marrant que tu me poses cette question, parce qu'en ce moment nous sommes tous les deux en tournée en Europe, moi avec "Joan as a Policewoman" et lui avec Liza Minelli. Je crois qu'ils ont joué il y a quelques jours à Paris d'ailleurs. Il joue du saxophone et de la clarinette et c'est un vrai bopper, de première catégorie, de ceux qui ont commencé à le jouer quand il a été créé. Rien appris dans les conservatoires, tout dans les clubs ! Nous avons enregistrés ensemble il y a quelques années avec un organiste qui s'appelle Sam Yahell. Le disque s'appelle "Bop on bop" !

Tu joues avec beaucoup de formations différentes : Salif Keita, Elysian Fields... Qu'est ce que cela t'apporte dans ta façon d'envisager la musique et ta façon de jouer de la batterie ?

C'est vrai, j'ai toujours été intéressé par tout un tas de styles musicaux différents et j'ai toujours joué dans plein de groupes aux inspirations diverses. Parfois, ça me surprend moi-même. Jouer avec Salif Keita a été une grande opportunité pour moi, particulièrement parce que j'étais déjà un grand fan de son groupe et j'ai d'ailleurs formé le groupe (il y a quelques années) "Lost Tribe" en pensant à sa musique. C'était aussi l'occasion de jouer avec de vieux potes comme John Medeski et Vernon Reid. "Elysian Fields" est une grande partie de mon parcours, puisque j'ai joué avec eux de 1995 à 2002. On a donné récemment un concert pour l'anniversaire des 10 ans, très émouvant. J'ai beaucoup appris de cette collaboration et notamment d'un point de vue de la composition d'une chanson, et j'apprends toujours d'ailleurs. Oren Bloedaw (le guitariste et co-leader d'"Elysian Fields") travaille sur son album solo. Par son intermédiaire j'ai rencontré Joan Wasser ("Joan as a Policewoman") et le songwriter Ed Pastorini, le pianiste du premier album de "Elysian Field"s. Je joue à présent dans son groupe qui s'appelle "101 Crustaceans", et nous allons sortir un album très bientôt. Et ce n'est pas fini ! la chanteuse, Jennifer Charles, m'a également beaucoup influencé, et nous avons collaboré sur un disque à sortir bientôt "Moodswing Orchestra".

Tu es de la génération de musiciens comme Adam Rogers, Dave Binney, Chris Speed : y a t'il un esprit commun à ces musiciens ?

Hmmm...Je suis allé à l'école avec Adam et nous avons joué ensemble depuis. Nous avons monté le groupe "Lost Tribe" en 1988 et nous avons enrôlé Dave Binney un peu plus tard. Tout ça a donné 3 albums en 11 ans. Aujourd'hui, nous jouons ensemble à l'occasion et nous sommes toujours potes. Concernant Chris, on a commencé à jouer ensemble au milieu des années 90, en travaillant avec Dave Douglas, et en montant un trio avec Scott Colley. Ce projet a pas mal joué et nous avons enregistré un live à la Knitting Factory sorti en 1999. Je joue aussi dans le Trio "Iffy" de Chris avec Jamie Saft et ils jouent dans mon quartet pour lequel on vient d'enregistrer la semaine dernière et qui devrait être en vente très bientôt...

Peux-tu nous en dire plus sur le projet "Camp Song" ?

Quand nous étions en tournée avec Uri Caine, pendant les balances des concerts nous nous sommes rendus compte que nous connaissions les mêmes petites mélodies apprises gamin dans des colonies de vacances. John Zorn m'a demandé si j'avais envie d'enregistrer un disque sur le sujet, et je me suis dit que ça pourrait être marrant...

Ce projet a été enregistré chez Tzadik, et tu as participé à l'Electric Masada. Qu'est ce que ça signifie pour un musicien d'appartenir à cette "Radical Jewish Culture" ?

Je ne suis pas certain de ce que ça veut dire. Pour cela tu peux lire les notes dans le livret de ce disque. En tout cas, je remercie John pour être d'un tel soutien.

Tu joues régulièrement avec Bojan Z... Comment s'est fait la rencontre ?

En ce moment nous jouons pas mal ensemble et nous avons enregistré un disque qui sortira l'année prochaine. C'est un musicien très impressionnant et nous avons une très bonne entente tous les deux. J'espère jouer encore plus avec lui dans le futur. Concernant la rencontre, je marchais tranquillement dans la rue à Brooklyn et j'ai croisé Ari Hoenig que je n'avais pas vu depuis un bout de temps. Il m'a demandé si j'avais des engagements en ce moment et m'a recommandé auprès de Bojan...

Quels sont les lieux que tu fréquentes pour écouter de la musique à New York ?

Habituellement le Tonic (club de John Zorn, NdM). Mais pour le jazz, il n'y a rien de mieux que le Village Vanguard...

Ton dernier choc musical ?

Ne soyons pas trop prétentieux, mais ce qui m'excite en ce moment, ce sont deux projets à moi que j'essaye de terminer pour ce printemps. Le premier est un quartet avec Chris Speed, Teid Reichman (accordéon, NdM) et Drew Gress. Le second, je travaille dessus depuis 4 ans et je n'arrive pas à le conclure (je suis lent et pas très régulier...). Je t'en parlais un peu plus haut, il s'agit de "Mood Swing Orchestra" (tous les détails sont ici).

Des dates en Europe ?

En mai, quelques dates en duo avec l'incroyable pianiste Sylvie Courvoisier et de retour en mai également avec "Joan as a Policewoman".

Propos recueillis par Jean Delestrade

http://perowsky.com/