Jim Black

"Chaos vs Beauty"

Jim Black est accompagné par le guitariste Hilmar Jensson (entendu sur le label électro Bad Taste), le bassiste Skuli Sverisson et l’incandescent saxophoniste Chris Speed : un journaliste a qualifié (avec justesse me semble t’il) le projet ainsi : « Seattle meets Iceland sound ».

Le style Alasnoaxis, c’est une suite de pièces courtes, avec des rythmes simples et fractionnés qui ne sont pas sans rappeler Naked City de Zorn : une musique qui se dégage de tout arbitraire, une dynamique qui s’articule autour de ballades soft et de compositions qui rappellent le son alternatif de Seattle.

Donc deux possibilités : soit vous avez l’occasion d’aller au Tonic ou à la Knitting Factory (deux clubs new yorkais, repères des musiciens cités), soit vous ne l’avez pas.

« Seattle rencontre le son d’Islande ». C’est ainsi qu’est souvent qualifié votre projet Alas No Axis…

Chris Speed et moi-même sommes de Seattle, Hilmar et Skuli d’Islande. Je pense qu’en disant cela, les gens imaginent un groupe de rock de Seattle avec une attaque grunge/distordue qui rencontre le froid, les espaces et les détours imprévisibles d’Islande…La réalité du groupe n’est pas aussi poétique que cela ! Mais il est sûr que cette formation travaille un son qui manie les extrêmes tant dans la dynamique que la tonalité : action vs immobilité, chaos vs beauté.

Avec d’autres musiciens comme Brad Shepik, John Zorn, Drew Gress (et tellement d’autres), vous donnez fréquemment des concerts dans des lieux comme le Tonic ou la Knitting Factory. On parle d’une scène d’avant garde…

Il est vrai que le Tonic est le meilleur des endroits à New York pour écouter toutes sortes d’excellentes musiques. C’est un lieu de rendez vous et de création pour ces musiciens auxquels on peut aussi ajouter des gens comme Arto Lindsay, Cuong Vu ou le Gold Sparkle Band.

Quels sont les articles visuels qui influencent votre travail ?

Des artistes comme Yoshitomo Nara (du collectif d’artistes Splay cd) et de manière générale les artistes japonais de la culture « kawaï », mais aussi les sculptures de Sarah Sze en passant par les travaux de Matthew Barney, ceux de Jason Poolack, Andy Warhol et ma dernière découverte Gerhard Richter.

Que connaissez vous de la scène française d’improvisation ?

J’ai rencontré, entendu et joué avec beaucoup d’excellents musiciens en France. Du fait que je voyage beaucoup, j’ai arrêté de considérer les musiciens d’improvisation par scènes, par pays. Il y a des musiciens exceptionnels partout, et grâce à l’internet la musique circule beaucoup plus vite et les découvertes se multiplient, les connexions entre artistes se multiplient…

J'ai lu une interview dans laquelle vous disiez être fan du Haut-Médoc Cru Bourgeois Château D’Arsac 96 or 97 !

And Pomerol, Graves also. I have no problem with the great wines of France ! The heavier the better..... and chevre chaud.

Propos recueillis par Jean Delestrade

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www.jimblack.com