Rosario Giuliani

Le collectif Le Break organisait en décembre une soirée qui se voulait comme la plus grosse jam session jamais organisée à Paris. Avec les DJ, on pouvait y écouter Serge Adam, Cyril Atef, Pablo Cueco et beaucoup d'autres. Quel rapport avec Rosario Giuliani me direz-vous, tout simplement parce que c'est à ce concert que je rencontrais Rémi Ballet (également agent du groupe Alata qui ouvrit la soirée). Il me parlait du prochain album en prévision dont je ne peux vous révéler les musiciens sollicités. Juste vous dire que le saxophoniste passera alors à la vitesse supérieure. Trois questions rapides au saxophoniste italie entendu et croisé au Reims Jazz Festival #10

Pourquoi les musiciens de jazz italiens ont-ils autant de succès auprès du public français ?

Ce n’est pas seulement une question d’Italie, mais de musique en général parce que la musique n’a pas de frontières, particulièrement le jazz. Le hasard est peut-être un des déclencheurs de la venue de Stefano di Battista, puis de Flavio Boltro et aujourd’hui moi…Tout a commencé avec Ricardo del Fra et Paolo Fresu…Bref, plein de musiciens italiens ! Mais d’une manière générale, la France a toujours été très ouverte aux musiciens des autres pays du monde : il n’y a qu’à se souvenir que quelques-uns des plus grands musiciens américains ont débuté leur carrière en arrivant à Paris. Paris a toujours été considéré comme « la New-York européenne » : beaucoup de musiciens initient des projets en France, et puis les diffusent dans toute l’Europe. Pour nous italiens, le fait d’avoir un contrat discographique avec une boîte française a facilité l’intérêt du public français. Cependant, il ne suffit pas d’être italien pour réussir en France et certains d’entre nous n’ont pas connu le succès. Tu pars au Japon et tu es célèbre, un autre fait la même chose au même moment et se plante.

Quels sont les musiciens et plus particulièrement les saxophonistes qui vous ont inspiré ?

J’ai toujours envisagé la musique d’une manière très large, de ne pas regarder seulement ce qui concerne mon instrument, le saxophone. J’ai écouté la musique à 360° et d’inspirations diverses, mais mon premier amour a été Charlie Parker, presque comme un père pour moi. Par la suite, John Coltrane, Freddie Hubbard, Chet Baker, Keith Jarrett, Bach, Mozart, Beethoven. Chacun d’eux m’a apporté quelque chose.

En ce qui concerne le cadre du saxophone propre, Cannonbal Adderley est celui qui m’a le plus touché ; John Coltrane, l’esprit de sa musique est incroyable. Il m’a fait réfléchir et penser la musique de façon plus intérieure, de la jouer avec estomac et pas seulement l’instrument. L’instrument doit être utilisé comme un outil pour faire ressortir ce qui se passe dans ton cœur.

Quels sont vos projets à venir ?

Il existe un projet de disque, on a une idée…Nous travaillons actuellement sur le projet en lui-même. Une chose est sûre, on ne refera pas un disque identique au premier, peut-être pas la même formation…Il ne faut pas trop en parler, parce que rien est sûr…Je rencontre le producteur (Francis Dreyfus) en décembre et nous aurons une idée plus précise de ce qui sera réalisé. Le studio suivra, mais je le rappelle, tout ceci est de l’ordre du projet, n’en parlons pas trop…

Propos reccueillis par Jean Delestrade