Yves Robert

Inspirine

Comment parler de ce disque sans mentionner la maestria de chacun des protagonistes et en premier lieu d’ Yves Robert, dont la virtuosité, proprement sidérante, semble sans aucune limite et lui ouvre les portes d’une palette de couleurs, de tons, incroyablement étendue, de même évidemment que du batteur Cyril Atef, impressionnant de groove, sur lequel repose une grande part de la musique de« Inspirine ». Vincent Courtois et Bruno Chevillon ne sont bien sûr pas en reste et leur alternance, judicieuse, apporte une diversité à cet ouvrage qui n’en reste pas moins homogène.

Mais l'essentiel n’est pas là. L’inventivité et l’expressivité qui alimentent la musique, vont dans le sens d’une sincérité du propos qui n’est pas feinte, il ne s’agit pas de jouer du concept pour le plaisir mais fort probablement d’émouvoir. Alors que certains titres sont littéralement obsédants rythmiquement, que d’autres décoiffent franchement, certains nous filent le frisson (et ce n’est pas la grippe), mais attention : sans épanchement intempestif, au contraire avec élégance, retenu et peut-être pudeur. Ce, malgré l’humour, indéniablement présent dans les titres, qui ne doit surtout pas laisser penser que la musique n’est pas totalement prise au séreux. Ce serait une erreur dramatique, car rien n’est plus sérieux que le contenu de ce disque, même si le jeu dans tous les sens du terme en est également partie prenante.

Il s’agit là d’une très belle œuvre, ce qui n’a rien de surprenant car Yves Robert n’a pas l’habitude de faire autrement.

Pierre Villeret

Inspirine (Chief Inspector, 2008)

Yves Robert trombone
Vincent Courtois violoncelle / Bruno Chevillon contrebasse
Cyril Atef batterie

yvrobert.free.fr
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