Hank Mobley

Roll call

Une distribution magique tout d'abord : Freddie Hubbard à la trompette, Hank Mobley au sax, Wynton Kelly au piano, Paul Chambers à la contrebasse et enfin Art Blakey à la batterie. Un album ensuite, aux allures d'une BO de film de gangsters BCBG en costard étriqué de ce début des 60's. Roll Call  semble étrangement nous évoquer à certains moments, les sonorités et les couleurs du Quintet de Barney Wilen qui, quelques mois auparavant, composait quant à lui, une véritable bande-originale pour le très énigmatique Un témoin dans la ville, d'Edouard Molinaro.

Hank Mobley, tout droit issu de l'école (s'il y en avait une...) des Jazz Messengers aux côté déjà de Blakey mais aussi d'Horace Silver et Doug Watkins, trouve ici parfaitement sa place, avec ce jeux tantôt agressif, accompagné d'un son lourd (proche de celui de Coleman Hawkins), tantôt avec cet esprit plus cool et légèreté des sonorités, si cher à Stan Getz. Wynton Kelly et Paul Chambers avec lesquels Mobley rejouera plus tard sur Workout, sont également les deux éléments indissociables et indispensables à la magie et au plaisir que l'on ressent dès la première écoute de cet album. Que dire ensuite de Blakey, si ce n'est qu'il ne manquait que lui pour assister à une alchimie parfaite au sein de ce fabuleux quintet, cela de part (entre autre) son jeu toujours plus percussif, puisé dans ses origines africaines et de ses nombreux voyages en Inde. Il avait l'art et la manière disaient certains, de réaliser comme personne, des roulements fracassants et les appels de caisse claire, prétextes à relancer la vigueur des chorus, ce qui était alors une offrande, source d'une excitation extrême pour les solistes qui ont eu l'immense plaisir de jouer avec ce très très grand Monsieur ; grand, non pas par sa taille vous vous en seriez douté, mais plutôt par son talent, Freddie Hubbard en fait ici tout bonnement l'expérience.

La plupart des titres figurant sur cet album sont composés et signés par Mobley. Pour information on y retrouve également le très célèbre The More I See you, titre immortalisé par Chet Baker et qui sera, bien des années plus tard la musique du film Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran.

Roll Call remasterisé en 2002, mérite à mon sens de faire parti véritablement de votre discothèque, qu'elle que soit sa taille...

Maxime Lomme