Vincent Courtois,

résidence secondaire.

Comment je vais essayer de vous faire comprendre (en 3813 caractères espaces compris) combien ce projet a été très important pour le jazz régional.

« Je souhaite à beaucoup de jeunes musiciens de pouvoir avoir la possibilité de « croiser le fer » avec des artistes comme Louis Sclavis, Vincent Courtois ou Olivier Sens car ils ont énormément de choses à nous apporter et on se sent, à l’issue d’une aventure comme celle-là, mûri et plein d’énergie pour la suite... Un vrai bonheur. »

Ces paroles sont celles de Guillaume Dommartin, batteur de Châlons-en-Champagne et qui a participé activement à cette résidence.Il parle de Petites Histoires Translucides, une création qui s’est déroulée en ouverture de Jazz autour des Flâneries Musicales de Reims en juin 2002. Avec le violoncelliste Vincent Courtois, des musiciens régionaux ont participé à l’aventure : le tromboniste troyen François Choiselat, le conteur-chanteur rémois André Ze Jam Afane et le pianiste Francis Le Bras. Et cela restera une expérience unique puisque cette représentation a donné lieu à l’enregistrement d’un disque (Rose Manivelle) aux studios de la Buissonne en compagnie de, excusez du peu, Louis Sclavis et Olivier Sens. Depuis, Guillaume Dommartin répète régulièrement avec Vincent Courtois et Olivier Sens (avec lequel une connivence assez fascinante dans le jeu s’est créée), André Ze Jam multiplie les projets musicaux en étant notamment qu’invité régulier des concerts du violoncelliste, il participe à un duo avec Francis Le Bras… Bref, La résidence a permis à certains musiciens régionaux de passer le pas.

[djaz]51 est l’association qui a piloté et coordonné la résidence : beaucoup de travail et d’investissement de la part des permanents. Et le résultat est là : la satisfaction de participer à une aventure comme celle-ci, le plaisir de côtoyer un musicien comme Vincent Courtois, la joie d’assister de manière privilégiée à la naissance d’une nouvelle musique…Mais c’est aussi la possibilité d’affirmer la qualité de la structure au niveau national : [djaz]51 est désormais identifiée auprès des différentes fédérations (AFIJMA, Fédé des scènes de jazz) comme une association capable de porter une telle résidence (et elles ne sont pas si nombreuses...).

Avec des actions menées à Charleville-Mézières, à Troyes, à Sainte Savine, à Reims ou prochainement à Chaumont ou Langres, cette résidence a permis un travail en commun de différentes associations régionales (Charleville Action Jazz, Aube Musiques Actuelles, l’ADDMC52, la MPT de Sainte Savine, l’ENMD de Charleville-Mézières, La Comédie de Reims, le Centre Culturel Saint Exupéry…) qui n’avaient pas forcément eu l’occasion ne seraient ce de se rencontrer : quand on parle de mise en réseau.

Des master-classes de violoncelle avec les classes de cordes du Conservatoire National de Reims, Médéric Collignon et Michel Godard à l’ENMD de Charleville-Mézières, Louis Sclavis dans le cadre du Reims Jazz Festival, Vincent Courtois et André Ze Jam avec des classes de maternelles et primaires à Sainte Savine…Les actions de formations et de sensibilisation ont concerné tous les niveaux de spectateurs : de l’enfant de 4 ans aux musiciens professionnels. Mais au delà, il serait impossible de dénombrer le nombre de spectateurs qui ont assisté à un des concerts : le trio Rouge (Courtois-Godard-Galéazzi) invite Médéric Collignon, le trio Sclavis-Courtois-Pifarély, Greaves-Courtois-Domancich, Napoli’s Walls, La Tendresse (Robert-Courtois-Atef), Création Parcours (Sclavis-Rosselle-Gagnepain-Courtois), la ZAM (Sens-De Pourquery-Spanyi)…

Mais comme le dit lui-même Vincent Courtois cette résidence a été une expérience forte par les rencontres provoquée, une façon d’envisager de manière différente son travail : « un moment à part dans mon parcours de musicien ».

Jean Delestrade