Braff / Oester / Rohrer

Maximal Music

Ce jeune trio suisse est soutenu par le dispositif de la fondation Pro Helvetia ayant pour but le soutien à la création artistique et à sa mise en valeur tant sur le plan national qu’à l’étranger, action que l’on ne peut que saluer. Mais revenons à l’objet de ces lignes : la musique.

Ici point d’originalité excessive mais un savoir-faire évident, des interprètes excellents et un choix de répertoire qui sait mettre en valeur la principale qualité, à mon sens, de cette formation : la densité de son expression. Si la reprise d’Amsterdam de Jacques Brel ou celle de Norvegian Wood des Beatles ne révolutionne rien et semble suivre la même démarche qu’un Brad Mehldau interprétant du Radiohead, par exemple, il s’agit simplement de s’emparer d'une mélodie pour exprimer son propre propos. Comme pour n’importe quel standard me direz-vous ? Tout à fait.

Comme je l’ai écrit précédemment, on se trouve ici en présence d’interprètes de premier plan dont le travail est fort justement d’interpréter, d’imprimer leur marque au répertoire et c’est là une réussite. Autre réussite : le son du groupe, qui met en évidence une cohérence et une complémentarité des protagonistes. Je parlais de densité à l’instant et je ne vois pas d’autres mots. Pour donner un exemple très concret : on pense au premier abord que l’on pourra écouter ce disque et rentabiliser son temps en faisant autre chose en même temps (son repassage, préparer le dîner, etc.). Ça ne marche pas. Cette musique exige une réelle attention pour retirer pleinement du plaisir de son écoute. Ce qui doit être le cas de toutes les musiques, mais c’est là un autre débat…

Pour finir, je dirais que cet album en appelle d’autres et je suis curieux de connaître le prochain et surtout d’écouter ce groupe en concert.

Pierre Villeret

Maximal Music (Unit Record, 2005)

Malcolm Braff piano
Bänz Oester bass
Samuel Rohrer batterie

www.malcolmbraff.com

www.myspace.com/malcolmbraff