Frédéric Morel

Iconoclash

Cash : Toute guitare devant, gros son, direct, brut. Accompagné par son "Très électrique quartet" composé du batteur Mathias Neiss, du pianiste Emmanuel Pedon au fender rhodes et du trompettiste Nicolas Bruche (ces derniers forment par ailleurs le collectif champenois "Le Nez du Chameau" fort actif dans la sphère des musiques improvisées), le guitariste Frédéric Morel semble s’être fait plaisir en réalisant ce disque. Il nous expose sans fioriture ses préoccupations sonores résolument actuelles, pour lesquelles le rock et ses sonorités, le free jazz et sa liberté, sont depuis longtemps maintenant entrés dans les mœurs des improvisateurs et fréquemment associés.

À l’inverse de ce que je viens d’écrire, on notera également des thèmes et des riffs forts, qui restent en tête, comme la très belle et obsédante partie finale de La subtilité du rhinocéros que je me surprends ces derniers temps à siffloter dans la rue. Le travail de coloration et de dynamitage de Matthias Ness sur cette mélodie n’est d’ailleurs pas étranger à sa réussite.

On pourra trouver comme limite à cet album la place prééminente de la guitare du leader, mais on pourra également considérer cela comme un choix sonore, à l'image par exemple de l’alliance de la trompette et de la guitare destinée à l’exposé des thèmes avant que cette dernière ne viennent bousculer la donne avec un puissant vent de liberté. En ce qui me concerne je ne trancherai pas, mais me réserve le droit de beaucoup apprécier cette musique, qui nous fait réaliser que même les rhinocéros sont fort capables de subtilité…

Pierre Villeret

www.myspace.com/fredericmorel