La solitude de l’instrumentiste

Le solo est une des spécificités du jazz : il s’agit de faire entendre un seul exécutant d’un orchestre au sein d’un morceau, de proposer un passage durant lequel un musicien improvise. La plupart du temps le solo n’en est pas vraiment un, puisque le soliste est accompagné par toute ou une partie de la section rythmique : on parle alors plus facilement de « chorus ».

Dans un premier temps, la durée des solos sur les enregistrements de 78 tours est brève à cause du support : l’apparition du microsillon va permettre des solos plus conformes à ce qui est joué dans les clubs.

De nombreux instrumentistes se lancent dans l’enregistrement de solos absolus (Sonny Rollins ou Eric Dolphy) ou bien des disques entiers de solos : Anthony Braxton, Andrew Cyrille… utilisant parfois la technique du réenregistrement. Il en est de même sur scène : au-delà du concert de piano seul, d’autres instruments ont gagné leur place sur la scène contemporaine : le guitariste Marc Ducret se produit régulièrement en solo, le contrebassiste Charlie Haden également…

Les conversations des jazzfans portent souvent sur les solos qui ont éclairé l’histoire de cette musique. L’un vous parlera du solo de Coleman Hawkins sur Body and Soul (1939), de Charlie Parker sur Koko (1945) un autre du mythique solo de Thelonious Monk sur Bags’ Groove (album de Miles Davis du même nom, 1954), Keith Jarrett avec Facing you…

Ces solos ont souvent été appris par cœur, à la note près, par des jeunes musiciens qui s’en servent de base de travail, ne manquant pas de les citer lors d’une prestation scénique. Jeunes musiciens qui écriront à leur des chorus qui serviront à la génération suivante…

Jean Delestrade