Flâneries Musicales de Reims 2009

Second round : du 4 au 21 juillet.

Du classique au jazz : tout un programme pour cette édition 2009 des Flâneries Musicales. Après la création Mystic Chords & remixes, music of Scriabin, d’autres variantes de cette thématique nous furent proposées. Le trio scandinave du pianiste Peter Knudsen a rendu un hommage aux compositeurs impressionnistes en dépassant le simple cadre de la réinterprétation pure. Un « tribute to Ravel & Debussy » tout en nuance et en subtilité. Ce week-end mêlant classique et jazz s’est achevé par une promenade musicale entre le Palais du Tau, le Cryptoportique et la Demeure des Comtes de Champagne. Deux artistes classiques face à un quartet de jazz marnais. L’originalité de cette promenade musicale est de pouvoir flâner de concert en concert. On s’arrête, on écoute, parfois on s’attarde ou on repart vers un autre lieu sans la contrainte d’avoir à déranger toute la salle pour sortir. La scène régionale était donc mise à l’honneur au Cryptoportique : malgré une météo incertaine, le public est au rendez-vous pour découvrir ou revoir le groupe Kobu dont l’énergie rock n’était pas pour nous déplaire.

Des valeurs sûres des scènes françaises et européennes se sont succédées : le trio du pianiste belge Eric Legnini avec son dernier projet « Trippin’ », Sophia Domancich ou encore Christophe Marguet (occupant le devant de la scène en tant que leader de son quartet et compositeur). Sophia Domancich venue en Pentacle s’annonçait comme un joli moment, vu le casting (Simon Goubert, Claude Tchamitchian entre autres). Loin d’être déçu, on reste partagé sur cette performance qui laissait sans doute trop de place à l’euphonium et à la trompette.

Puis est arrivé le 18 juillet et l’incontournable concert pique-nique des Flâneries. Fête populaire, familiale, réunissant les rémois autant amateurs de jazz que novices en la matière. Entre le champagne et les amuse-bouches, on se rend compte qu’un groupe est arrivé sur scène et commence à jouer. Saint Germain ? Non, ça y ressemble, mais Monsieur Charles, ovni dijonnais, a su imposer son style dans l’électro-jazz française. Petit à petit, le public s’avance, se remue aussi pour certains. La nuit tombe sur le Parc de Champagne et ses 10000 pique-niqueurs, accompagnée d’une pluie fine qui ne nous empêchera pas de saluer avec ferveur l’arrivée du trompettiste aux 4 Grammy Awards, Arturo Sandoval. L’artiste est aussi généreux avec son public sur scène que dans les coulisses avec une poignée de fans restés à la fin du concert pour avoir quelques photos. Alternant trompette et piano sans aucune difficulté, le musicien s’est imposé à tous, avec brio.

Les Flâneries se sont achevées dans ce même Parc de Champagne au son du quartet Talking Cows : deux musiciens reconnus de la scène néerlandaise Robert Vermeulen et Frans Vermeersen associés à deux jeunes talents de ce même pays et cela vous donne un jazz résolument ouvert et créatif , à l’image de ce que les Flâneries souhaitent mettre en avant dans leur programmation.

Le millésime 2009 de ces Flâneries s’est révélée encore une fois à la hauteur : création, ouverture, scène européenne et française de qualité, concerts dans des lieux connus et insolites pour afficionados et simples flâneurs.

Audrey Delphie

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