Monsieur, faut pas rester là !

Le président de Museau (réseau des diffuseurs de musiques actuelles de Champagne-Ardenne) fait le point sur la situation du secteur.

Il y a peu, le lundi 29 septembre, le Ministre de la Culture et de la Communication rencontrait à sa demande des représentant de Zone Franche, de l’Afijma, de la Fneij/Ma, du Prodiss, de la Fédération des Scènes de Jazz, de la Fédurock, Alex Duthil et quelques autres…

Il a donc présenté sa politique et son état d’esprit à ces représentants des Musiques Actuelles : décentralisation, ouverture aux préoccupations du secteur malgré une méconnaissance certaine et une volonté de rendre tout le monde efficace. La plupart des aspects évoqués nous concernent directement, nous les champardennais des Musiques Actuelles.

Il a rappelé la responsabilité des partenaires sociaux concernant l’intermittence en précisant qu’il n’y aurait pas de renégociation avant la fin de l’année. No comment. Chacun connaît la position des membres de Museau qui partagent celle des différents grands réseaux nationaux…

Un des points de cette entrevue a été le rappel que « la subvention publique dans le spectacle vivant, en augmentation permanente, n’a pas été jusqu’à présent un facteur dynamique (ex du théâtre et de la déperdition de public). La répartition géographique des équipements culturels doit être mieux pensée (aménagement du territoire) avec moins de disparités dans les financements, une vision plus normative et donnant de l’importance au « chef de file » en région. Le conventionnement doit être la règle générale afin de fixer les missions ».

Évidemment, cette proposition de convention peut paraître séduisante puisqu’elle permet un travail sur une certaine durée (3 ans en général), cependant les termes et les moyens proposés sont disproportionnés. Il s’agit de revêtir un carcan pour des financements toujours en deçà de ceux des municipalités.

Le Président de l’Afijma (Asso des Festivals innovants en jazz et Musiques Actuelles) a posé la fameuse question qui se trouve sur les lèvres de chaque organisateur de festival en ce pays : qu’est-ce que ce label national pour les festivals. La réponse n’en fut pas une : création, découvertes, risques dans la conquête du public… En fait nous ne connaissons pas à l’heure actuelle les modalités d’application de ce label et son impact pour les non-labellisés, si ce n’est une baisse des crédits déjà ressentie par nombre d’entre eux.

J’ai envoyé quelques questions à la conseillère musique et danse de la Drac Champagne-Ardenne concernant l’application de ce label dans notre région : dès qu’une réponse me parviendra, elle sera communiquée sur le site.
Un questionnement identique a été envoyé à la chargée de mission musique et cinéma de l’Orcca (Conseil Régional) afin d’identifier le positionnement de la Région par rapport aux choix de l’Etat. Nous sommes en attente.

Nous sommes tous très préoccupés par les choix qui seront fait car la Champagne-Ardenne est un territoire de festivals. La pénurie d’équipements Musiques Actuelles y a beaucoup contribué. Ce qui nous conduit à l’annonce d’un autre label : celui des Scènes de Musiques Actuelles dites « structurantes ». Lorsque le Président de la Fédération des Scènes de Jazz (directeur du Petit Faucheux à Tours et mentionné sur la liste des labellisables) a demandé au Ministre des informations concernant les moyens donnés aux labellisés et ceux destinés aux non-labellisés, il a entendu le même type de réponse que pour les festivals.

Nous sommes donc en face de personnes qui sentent bien le malaise qui règne sur notre secteur mais qui font preuve d’une méconnaissance de son fonctionnement profond et de ses valeurs artistiques et identitaires. De plus, la plupart des mesures évoquées ne sont pas finalisées au niveau national. Allons nous vers une décentralisation sauvage où chaque préfecture aura toute latitude pour interpréter des schémas évasifs émanant d’une Centrale fantôme ? Un certain nombre d’organisations présentes à cette réunion ont convenu de se retrouver le 17 novembre en intégrant les représentations des artistes afin de travailler à l’élaboration d’une plate-forme (création, diffusion, accompagnement de carrière, publics, parcours, formation, etc.) commune qui serait ensuite présentée au Ministre et à ses services.

A notre niveau, l'Orange Bleue de Vitry et le Réseau Museau sont invités par le réseau Raoul et la Lune des Pirates à une après-midi rencontre-débats le lundi 20 octobre 2003 de 14h à 18h à l'ASCA Beauvais (60).
Au programme : quelle est la place de la Culture dans notre société, discussion sur la politique du Ministère en direction des Smac. C'est un temps de rencontre et d'échanges entre les différents lieux de diffusion musiques actuelles du Nord Est. L’objectif : faire un point sur la situation des lieux, discuter de la politique du ministère et faire remonter une parole commune à nos drac et au ministère sur nos situations et les interrogations quant à l'avenir des scènes de musiques actuelles.

"il est désormais essentiel pour défendre la pérennité de nos métiers que des réseaux interrégionaux se mettent en place afin d'affirmer notre force de réactivité".

Nous vous tiendrons informés.

Gilles Gautier
Président de Museau, réseau des diffuseurs de musiques actuelles en Champagne-Ardenne.