Soul

Badu, Bilal, D'angelo, the Roots...Autant de nom de jeunes musiciens qui représentent la nouvelle génération de la musique afro-américaine , au même titre que le jazz et le funk en leurs temps.

Le jazz est bien évidemment une musique d’influences. Les musiciens de jazz ont été pendant bien longtemps les portes drapeaux de la communauté afro-américaine, « Speak, Brother, Speak ! » comme le proclame Max Roach accompagné de Mal Waldron.

Le funk et la soul (nous citerons entres autres James Brown, Curtis Mayfield, Marvin Gaye, Sly & the Family Stone, Stevie Wonder ou les allumés de Parliament…) se sont toujours positionnés en cousin du jazz, ce qui est bien légitime tant la notion de groove et la virtuosité de certains musiciens (ceux de James Brown notamment) tendent vers des similitudes évidentes.

Plus proche de nous (de moi du moins), les années 80 et l’émergence d’une nouvelle génération de musiciens afro-américains vouée au rap annonce le retour au premier plan d’une musique noire.
C’est Prince qui représentera (peut-être est-il celui qui en est le plus grand symbole) le creuset de toutes ces influences jazz, blues, rock, soul, funk et rap, le tout servi par une virtuosité qui n’est plus à démontrer (citons l’album Sign of the Time ).

Et aujourd’hui ? Les 15-25 ans sont pris d’assaut par une soupe que l’on appelle R’n’B (il est à parier que si l’on demande la signification de ces initiales, la plupart se trouverait coi). Les radios ouvrent grand les robinets à mélasse… Mais il existe bien comme pour les générations précédentes des musiciens tout aussi emblématiques que talentueux.

Bilal a commencé à chanter dans des formations de gospel avant d’intégrer le Mannes College of Music (je vous conseille l’interview donnée à Frédéric Goaty dans le Jazzmagazine d’Avril 2001) : il est aujourd’hui le chef de file de cette scène soul pour qui le jazz est d’une influence primordiale (notamment l’expérience Bitches Brew de Miles Davis), et son album 1st born second a été accueilli par la critique et le public comme un disque fondateur.
Dans un premier temps, l’album Brown Sugar, puis le superbe Voodoo : D’Angelo a signé également deux albums décisifs qui comme le dit si bien Frédéric Goaty « opère une saisissante synthèse de l’histoire et de l’actualité soulmusicales des trois dernières décennies ». Voodoo n’est pas loin de la perfection.

Erykah Badu est une icône : sa beauté, son charisme et sa voix en font une soul diva. Entendre une seule fois sa voix est une assurance d’aller dans l’heure qui suit acheter ces disques (dont Mama’s Gun et un live).Que dire de cette musique envoûtante, une soul réveuse…

Citons également Meshell Ndegéocello (Plantation Lullabies) et Guru qui sur deux albums (Jazzmatazz 1 & 2) s’est permis d’inviter Kenny Garrett, Courtney Pine, Donald Byrd…(et Herbie + Bilal pour un concert à Montreux).
The Roots également…

Jean Delestrade