Jim Hall & Geoffrey Keezer

Châlons-en-Champagne, La Comète, mardi 2 mai

Jim Hall. Les duos avec Bill Evans, des disques de Sonny Rollins, Paul Desmond, et tant d’autres, ses propres formations évidemment. « Père de la guitare jazz moderne » auquel se réfèrent Pat Metheny, John Scofield, Bill Frisel, entre autres… Avec un tel personnage on est dans la mythologie du jazz.

On comprendra que son seul concert en France est très attendu. De plus, comme la Comète ne fait pas les choses à moitié, le guitariste commence l’après-midi par une master class à laquelle assiste des musiciens professionnels et enseignants de la région et un ancien élève du maître, le guitariste Misja Fitzgerald Michel qui fera également office de traducteur pour l’occasion. C’est un plaisir d’entendre un tel artiste évoquer sa conception des arts et de l’improvisation avec une simplicité et une fraîcheur d’esprit remarquable. Son intérêt envers les différentes questions posées et devant les prestations des participants nous montre un homme de 75 ans résolument tourné vers l’avenir.

Le concert du soir, qui démarre avec le Populuz Quintet de Christophe Lartilleux, ne dément pas cette impression. En duo avec le pianiste Geoffrey Keezer, que nous découvrons, Jim Hall aligne les standards (All The Things you are, Skylark, Saint Thomas…), ses compositions et celles de son compagnon, avec une fraîcheur indéniable. Si l’on s’attendait à l’entendre jouer comme dans les années 60, la déception guette, car le guitariste est manifestement toujours en constante évolution. À certains moments son jeu lorgne presque vers Pat Metheny, ce qui finalement n’est pas si surprenant. Geoffrey Keezer est un pianiste remarquable et n’a rien d’un faire-valoir, car même si Jim Hall reste en avant, nous entendons un véritable échange. Pour enfoncer le clou le concert se termine par du free (!), une belle improvisation sur le thème de la paix. La grande classe.

Pierre Villeret

www.jimhallmusic.com