New Tone Jazz Quartet

Gwenn Ha Du

Des mois (et des années pour certains) qu’on l’attendait ce nouvel album des NTJQ. J’ai bien dit nouveau car il s’agit là en fait du troisième album du groupe (le premier album s’intitule : « Le bigorneau qui chante » et le second: « Fulgurances » paru en 1998, avec la participation de Jean Gobinet à la trompette). Le groupe rappelons-le fut crée en 1995. Depuis les choses ont bien changé, tant sur le point de vue musical que sur la composition même du groupe. Ainsi sur « Gwenn Ha Du », on retrouve aux côtés du pianiste Michel Coppé, le saxophoniste (accessoirement flûtiste à ses heures perdues...) Christophe Sabbioni, le contrebassiste Emmanuel Bontemps et Dominique Tassot à la batterie et autres percussions. Le quartet dans sa composition actuelle « tourne » depuis plusieurs années déjà, écumant ainsi un certain nombre de lieux de concert et de festivals (concerts au défunt Kraft, 1ère partie de Michel Portal, 9ème édition du Reims Jazz Festival...) et entraînant ainsi au fur et à mesure de leurs prestations, un engouement de plus en plus prononcé de la part du public de la région.

Ce qui fait la singularité de ce quartet, réside avant tout dans la manière de faire cohabiter à merveille les sonorités du swing dans la pure tradition bop, post-bop, avec ces mélodies qui ne cesse de nous rappeler celles de musiques plus « traditionnelles », notamment celles de la côte ouest (rien à voir avec la West Coast des Etats-Unis, ni même avec la série TV...) et du « folklore breton », à l’instar de « Trégor » qui, sur quelques rythmes de caisse claire, appuyés par une contrebasse et un piano virevoltant, vous donne l’envie d’entamer immédiatement une Sardane endiablée, avec la première demoiselle, coiffée d’un creuzois et vêtue d’une jelaba passant par là. Et oui New Tone c’est tout ça, un peu à l’image du Jazz aujourd’hui, un mélange savoureux de régions, de pays, en somme une ouverture des sens à différentes cultures, différentes histoires et différents parfums, sources d’inspirations propres à chacun des musiciens qui composent le groupe.

Cet album respire incontestablement l’équilibre, la confiance et la complicité instaurée au fil des années entre les quatre protagonistes. Le groupe affirmait d’ailleurs lors d’une récente interview, que la chose qui prédomine dans un groupe est l’entente commune : « A partir du moment où l’on se comprend, on peut aisément jouer ensemble». Il est là le secret de la réussite de cet album. De petits chefs d’œuvres de musicalité viennent ensuite compléter le tableau comme « With Dom » qui me donne à chaque fois cette étrange impression de morceau que l’on a toujours connu, comme un standard du jazz à la « Blue Trane » avec lequel on éprouverait un plaisir intense et différent à chaque nouvelle écoute. « Suite n°2 part 1 », dont l’intitulé se rapproche davantage de la musique classique que du Jazz à proprement parlé, correspond finalement bel et bien à une série de pièces instrumentales écrites dans le même ton et qui n’a pour autre vocation que de faire bouger vos pieds, au rythme par moment d’une Gavotte un peu particulière je dois le dire.

La théorie de l’attraction universelle selon les NTJQ nous donne au final, une très jolie compote de pommes caramélisées à consommer sans modération aucune.

Maxime Lomme

Gwenn Ha Du (In the groove, 2003)

Christophe Sabbioni saxophones
Michel Coppé piano & compositions
Emmanuel Bontemps contrebasse
Dominique Tassot batterie

jazz-quartet.ifrance.com

www.myspace.com/christophesabbioni