Julien Loureau

“brighter days”au Moulin de Brainans (39) le 22 novembre 2008.

On connaît Julien Lourau comme un musicien talentueux tout à la fois sidemen recherché et inspiré (l’ONJ de Laurent Cugny, Henri Texier, Abbey Lincoln) et leader à l’origine de projets réjouissants (avec notamment les CDs gambit chez Wea et groove gang pour label bleu). On le retrouve aujourd’hui avec surprise et tristesse, commis dans un projet d’une totale vacuité et à la limite de la filouterie.

Comme on est entre gens branchouilles, on s’affuble de pseudos. Le disc-jockey Grenoblois Jean-François Roit L’Evêque devient le programmeur (sic) Jeff Sharel. Slydee, le bassiste est Sylvain Daniel (chief inspector, Olivia Ruiz et le tout nouvel ONJ de Daniel Yvinec). Le chanteur, quant à lui, exhume le cadavre de Sinatra, lui balance un ou deux coups de pieds dans les côtes et lui arrache la couronne du crâne en se faisant appeler Karl « the voice » (re-sic !). Julien Lourau est le seul à conserver son identité mais a-t-il bien fait ? D’un point de vue marketing, sans aucun doute.

Chaque morceau reproduit le même système. Passées la découverte et l’assimilation du groove lancé par le D-J (30 secondes tout au plus), la musique se fige. Tout le monde joue mais personne ne joue vraiment. Aucune nuance, aucune envolée, aucune émotion et plus grave pour un tel projet, aucune envie de danser. Lourau se dirige plus volontiers sur le rhodes que sur son sax et plaque des voicings qui n’accompagnent…personne. Le chanteur donne de la « vib’ » dans une esthétique très Star-Ac 4 et nul ne peut distinguer le jeu du bassiste du magma sonore qui sort des enceintes. Ce qui agace le plus c’est cette sensation de débarquer à jeun à 4 heures du matin dans une after de musiciens où chacun « psychote » dans son coin sur son instrument sur une tourne mille fois entendue.

Je n’ai même pas le cœur à boire. La salle se vide peu à peu. Je suis le mouv’.

Guillaume Grenard

www.myspace.com/julienlourau