Clutch Quartet

J’ai écouté pour la première fois le quartet Clutch lors des dernières Flâneries Musicales de Reims, à l’époque de la sortie de ce présent album (toutes mes excuses pour le retard…). Le disque confirme ce que l’on a entendu au concert : l’efficacité prime.

La section rythmique très souple, basse électrique et batterie, alliée au son du Fender Rhodes attise un groove résolument 70’ et donne le ton, en fournissant un tapis que l’on devine confortable à François-Marie Moreau. Ce dernier passe de la flûte aux saxophones ténor et soprano, avec un très beau son surtout sur ce dernier, et si il nous renvoie souvent vers des influences résolument hard bop, il ne survole pas le groupe, mais reste à l’intérieur des thèmes, en développe les couleurs.

Pour autant si l’ambiance générale est très marquée, on ne peut que noter la diversité des compositions, l’homogénéité venant elle, du son et du jeu de groupe. Le traitement de Summertime, seul standard ici, est pour le moins original : après une très belle introduction presque méditative de Hugues Defrance au piano intervient un tempo relativement rapide, très groove. Il faut souligner que les originaux ne sont pas en reste et dressent le panel des envies de Clutch : valse jazz lente (Sunday), groove funky (Rising Moon et I had a dream), free parfois (Nug’s avec les belles ligne de basse de Christian Conan) et presque un côté latin avec le joliment nommé Tongs et bermudas.

Encore une fois : c’est efficace, très bien fait. On passe un très bon moment à l’écoute de ce disque et j’espère que l’on aura l’occasion d’entendre ce groupe en concert prochainement.

Pierre Villeret