Gabor Winand
Opera Budapest

Charleville-Mézières, Auditorium de l'ENMD, 29 janvier 2008

C'est avec l'excellent quartet de son compatriote et vieux partenaire Gabor Gado que le chanteur Gabor Winand a présenté le répertoire de son dernier album : Opera Budapest. Dans la continuité de leurs oeuvres respectives, les formes traditionnelles du jazz vocal sont éclatées et laissent place à de longs développements dramatiques servis par ce quartet, composé de Sébastien Boisseau, Mathieu Donarier ou Joe Quitzke.

La patte de Gado est bien là et sa présence scénique, dirigeant l’orchestre, faisant des signes à chacun est telle qu'on a parfois la sensation que Gabor Winand s'efface, se fait discret, lui laisse en quelque sorte la préséance, ce qui est peut-être dommage, car on aurait aimé, dans ce projet qui est le sien, peut-être d’avantage d’engagement apparent.

Par-delà cette considération toute relative, on est ébloui par l’écriture, somptueuse, presque éblouissante, qui emprunte à tellement de sources différentes, fruit d’une culture si étendue, que sa richesse finit presque par dérouter l’auditeur. Malgré quelques petites digressions (tel un "My heart belongs to my daddy" un peu rock’n’roll, déjanté, excellent au demeurant, mais peut-être incongru ici), l’unité de l’œuvre est perceptible, nous ne somme pas face à un simple recueil de compositions, il y a une réelle logique narrative et les improvisations collectives ou individuelles s’intègrent dans ce cadre précis, n’en dérogent presque pas.

En conclusion, on pourrait écrire que ce concert, salué par deux rappels, a eu le grand mérite d’exposer au public ce qui peut se faire de très intéressant dans le jazz européen actuel.

Pierre Villeret

www.myspace.com/winandq
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