Éric Legnini Trio

Charleville-Mézières, Auditorium de l'ENMD, mardi 18 janvier 2007.

Pour ce concert en trio, le pianiste a puisé dans les répertoires de "Miss Soul" et de "Big Boogaloo" ses deux derniers albums. Comme pour ceux-ci, il explore, avec à ses côtés Fabrice Allamane et Franck Agulhon, section rythmique de choc s’il en est, le répertoire hard bop et soul, avec une référence non dissimulée au pianiste Phineas Newborn.

Hard bop, gospel, soul, rhythm & blues sont en effet bien là, l’ombre de Bobby Timmons plane sur la salle, et à l’exception de l’introduction très "evansienne" de la "Strada", hommage à Fellini, le concert n’a pas dérogé à ce répertoire. Le "soul" était bel et bien bien présent.

On a vite compris que rien ne serait surprenant ce soir-là, mais c’est justement à cet instant précis que le plaisir a commencé à naître. À ce stade, il était déjà trop tard. On aurait bien voulu faire la fine bouche, se dire que ce n’était pas original, que c’étaient là de bien vieilles choses qui ne sont plus intéressantes que sur de biens vieux disques, mais non, rien à faire : on s’est fait avoir.

À notre décharge, il faut reconnaître que la virtuosité d’Éric Legnini, sa maîtrise des facettes de ce jazz est impressionnante et que ces accompagnateurs respectent parfaitement cet univers, tout en apportant malgré tout leur "patte" personnelle. Pour être tout à fait franc : ce fût un plaisir. Peut-être celui d’écouter magistralement joué "live" par un expert du genre les musiques de ces disques mythiques des catalogues Blue Note et Atlantic que j’aime tant et qui font désormais partie d’un passé, forcément idéalisé, d’un jazz qui était populaire, de par ses origines immédiates et surtout de par son succès auprès d’un immense public. Remarquez, pour certains intégristes (il y en a partout), cette musique n’était déjà plus du jazz depuis quelques temps. Comme quoi…

Pierre Villeret

www.myspace.com/ericlegnini

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