Jobic Le Masson Trio

Vendredi 19 novembre dernier. Reims Jazz Festival, Domaine Pommery, Reims.

Ils distillent une musique d’une interaction rare, dans la pure tradition du trio jazz d’avant garde avec ce petit plus de modernité qui donne à ce trio un réel intérêt.

Dans le cadre du Reims Jazz Festival, se produisait le trio de Jobic Le Masson, en première partie d’Erik Truffaz. On attend le début de cette soirée avec une certaine excitation. L’écoute de leur dernier opus, Hill, sortie début 2008 nous laisse présager un grand moment de musique. Ce fut effectivement le cas.

Loin des canons du jazz hexagonal, le pianiste nous emporte dans son univers nourri à grand coup de Monk et d’improvisation libre tous en ajoutant ce petit plus de modernité qui donne au trio un véritable intérêt en cette fin d’année 2010.

La musique délivrée ce soir s’appuie essentiellement sur des compositions de Jobic Le Masson. L’interaction entre les musiciens est d’une rare intensité, John Betsch et Peter Giron sont les compagnons de route idéaux pour nourrir les inspirations du pianiste. Leurs sens de l’écoute, leur maitrise du silence et leur humilité permettent un véritable dialogue.

Le majestueux John Betsch, a semblé très à son aise ce soir, enchainant les soli sous les yeux attentifs de Peter et Jobic qui le regardent en silence. Batteur hors norme, entre Max Roach & Milford Graves, il fait littéralement chanter sa batterie et offre au pianiste le complément free idéal.

Puis vient le tour de Peter Giron, le discret contrebassiste assure un groove puissant et fait preuve d’un grand lyrisme pendant ces solos. Quand à Jobic Le Masson, il paraît avoir trouvé la formule qui lui convient le mieux : un jazz roots et moderne emprunt de la grande tradition des trios comme du jazz le plus ouvert.

Le concert fini, on sort de la salle avec l’impression rare que l’on a insisté à quelque chose d’unique. Que la musique du trio s’est construite sous nos yeux en une vraie prise de risque.

Boris Sommet

jobic.lemasson.free.fr