Vincent Courtois

L'imprévu

Narration et contemplation. Narration, car ces pièces, très écrites (toutes de Vincent Courtois, à l'exception de La visite de Louis Sclavis), fonctionnent comme autant de récits et de portraits qui mises bout à bout forment une histoire des plus cohérente, comme les actes d'une pièce de théâtre ou les chapitres d'un roman et nous emmènent dans l'univers intime de l'artiste.

Contemplation, car comment ne pas s'arrêter sur la beauté de ce son (servi par un exceptionnel travail de studio), qui nous laisse entrevoir toute la subtilité, la richesse, de la relation de Vincent Courtois à son instrument, de son expressivité. Il est rare de pouvoir approcher aussi près sur un enregistrement de ce qui d'ordinaire reste du domaine du direct, de la scène, sans sonorisation de préférence, dans des toutes petites salles. En quelques mots, on oubli tout simplement les multiples vecteurs qui ont amené cette musique à nos oreilles.

De plus, l'objet est élégant jusque dans sa pochette (de Philippe Ghielmetti) avec cette photo de Louis Steiner (Central Park 1997) et on ne s'étonnera pas de ne pouvoir s'en détacher, de le garder sous la main à proximité, ressentant l'envie de l'écouter et de le réécouter, tentant de saisir vainement au vol ce qui en constitue l'essence.

Pierre Villeret

Le site de Vincent Courtois