Ellery Eskelin Trio

Reims, Auditorium Caisse d'Épargne Rue Carnot, jeudi 25 mars 2010

L'association [djaz]51 accueillait le jeudi 25 mars le concert du trio Eskelin / Parkins / Black. Une certaine excitation est palpable dans le public, et ce n'est pas toujours le cas. Le public est curieux, moi aussi. Il faut dire que le trio est précédé d'une réputation flatteuse, parfois même qualifié de "trio central de la scène downtown de Brooklyn depuis plusieurs décennies". Ce n'est pas le genre de formule qui impressionne les musiciens. Mais elle déclenche une attente. C'est un peu de leur faute, il ne fallait pas nous mettre entre les oreilles des albums comme Imaginary views ou Arcanum Moderne chez Hat Hut Records.

Les voici donc sur la scène de l'auditorium de la Caisse d'Epargne Lorraine Champagne-Ardenne. En configuration acoustique totale. Conditions pas forcément évidentes, mais les questions ne se posent pas très longtemps, les trois musiciens sont là pour jouer. Quelques cent vingt personnes garnissent la salle. Ellery Eskelin et Jim Black encadrent Andrea Parkins qui a privilégié les claviers et l'ordinateur. Cette date rémoise est la première d'une tournée européenne, ils sont en France depuis quelques heures. Comment dites-vous ? Un temps d'adaptation ? Un morceau pour prendre ses marques ? Pas le temps. La musique est dans l'urgence. Dans l'urgence d'être créée, dans l'urgence d'être entendue. Du fond de la salle, je ressens ce concert comme une nécessité vitale, comme si chacun des trois musiciens avait besoin de l'improvisation de l'autre pour avancer. Chacun joue sous perfusion de la musique de l'autre. Ce trio pourra-t'il un jour se séparer tant on les sent en dépendance de ce qui naît de cette rencontre ? La vitesse d'échange ne fait que mettre en lumière l'évidence du trio. On pourrait penser Andrea Parkins en retrait, elle est la clef de voûte. Une architecture infinie se construit.

Le concert se termine. Andrea Parkins sourit. Ce trio mille fois rejoué nous surprend toujours. Nous réjouit toujours. Comment comprendre qu'il ne se produise que si peu en France ?

Vincent Symolon

Ellery Eskelin saxophone ténor
Andrea Parkins
électronique
Jim Black
batterie

Interview de Ellery Eskelin pour Macao (février 2006) en lien ICI
Interview de Andrea Parkins pour Macao (mars 2008) en lien ICI
Interview plus ancienne de Jim Black pour Macao (mars 2003) en lien ICI

Le site de Ellery Eskelin home.earthlink.net/~eskelin/
www.myspace.com/elleryeskelin